Les stéréotypes sont des raccourcis mentaux que nous utilisons tous pour interpréter le monde qui nous entoure. Qu’ils soient liés au genre, à l’âge, à l’origine sociale ou à l’apparence, ils façonnent inconsciemment nos jugements et nos décisions. En 2025, malgré les discours sur la diversité et l’inclusion, ces biais demeurent profondément ancrés dans nos sociétés. Pourquoi ? Et surtout, comment en sortir ?
À travers le prisme du livre Les stéréotypes ont-ils la vie dure ? de Léwis Verdun, nous explorons un sujet connexe mais fondamental : l’impact invisible mais persistant des stéréotypes dans nos décisions quotidiennes, de l'embauche à la publicité, en passant par les algorithmes. Un sujet brûlant, à l’heure où les entreprises comme les citoyens cherchent à bâtir un monde plus équitable.
Le pouvoir silencieux des stéréotypes dans nos décisions
Nous croyons faire des choix rationnels. Pourtant, une multitude d’études en psychologie sociale ont montré que nos décisions sont souvent biaisées par des stéréotypes. Par exemple, dans un processus de recrutement, des chercheurs ont prouvé que des CV identiques recevaient des réponses différentes selon le prénom du candidat, révélant des biais raciaux ou de genre persistants.
Ces automatismes, souvent inconscients, ont des conséquences réelles : exclusion de profils compétents, discrimination à l’embauche, reproduction des inégalités dans l’éducation ou encore sous-représentation de certaines catégories de la population dans les médias.
Dans son ouvrage, Léwis Verdun s’appuie sur des données du Pew Research Center ou de l’EIGE (Institut Européen pour l’Égalité entre les hommes et les femmes) pour montrer que ces stéréotypes structurent encore largement notre environnement professionnel et culturel. Même les jeunes générations n’y échappent pas : la Génération Z, pourtant engagée, reste perçue comme instable ou paresseuse.
Les biais algorithmiques : quand l’intelligence artificielle perpétue les clichés
Un des aspects les plus inquiétants aujourd’hui est la manière dont les algorithmes apprennent et reproduisent nos stéréotypes humains. Loin d’être neutres, les outils d’intelligence artificielle utilisés pour trier des CV, recommander des contenus ou modérer les réseaux sociaux s’entraînent sur des données historiques… donc biaisées.
Selon Verdun, les femmes sont systématiquement présentées comme plus jeunes et moins expérimentées par les outils de traitement d’image ou de génération de contenu. Les profils racisés sont aussi plus souvent associés à des contenus négatifs ou à des emplois peu valorisés.
Ces biais ne sont pas anecdotiques : ils renforcent les stéréotypes existants au lieu de les corriger, et influencent des millions d’utilisateurs au quotidien.
Des initiatives existent, comme le projet AI Fairness 360 d’IBM, qui vise à détecter et corriger ces biais. Mais elles restent encore marginales face à l’ampleur du problème.
L’impact des stéréotypes dans la publicité et les médias
Publicité, cinéma, réseaux sociaux : les stéréotypes s’infiltrent dans tous les récits visuels et culturels. Une statistique frappante tirée du livre : 71 % des femmes représentées dans les publicités sont cantonnées à des rôles domestiques, et les femmes de plus de 60 ans sont presque invisibles dans les campagnes marketing.
Ce type de représentation a un effet miroir sur la société : il façonne les attentes, les normes sociales et les modèles de réussite. Quand une catégorie de population n’est jamais représentée, ou toujours de manière négative, elle finit par intérioriser ces limitations.
À l’inverse, changer les récits visuels peut ouvrir des possibles : les campagnes inclusives, mettant en avant des profils variés, ont prouvé qu’elles pouvaient modifier la perception des consommateurs… tout en améliorant la performance commerciale.
La responsabilité des marques devient donc centrale. Plusieurs entreprises comme Dove ou L’Oréal ont récemment investi dans des pratiques publicitaires plus représentatives. Mais le chemin est encore long pour faire de l’inclusion la norme plutôt que l’exception.
Dépasser les stéréotypes : des solutions concrètes et intergénérationnelles
L’intérêt du livre de Léwis Verdun réside aussi dans son approche constructive. Plutôt que de se contenter de dénoncer, l’autrice propose des solutions concrètes pour déconstruire les stéréotypes, à la fois à l’échelle individuelle et collective.
Cela passe par des pratiques publicitaires responsables, qui montrent des visages et des corps divers, de tous âges, de toutes origines et de toutes morphologies. Par l’introduction de programmes intergénérationnels dans les entreprises, permettant aux jeunes et aux seniors de collaborer. Par la transparence sur les systèmes algorithmiques et l’obligation pour les entreprises tech de rendre des comptes. Et bien sûr, par l’éducation : former dès le plus jeune âge à reconnaître les biais cognitifs, c’est poser les bases d’une société plus lucide et plus équitable.
Ces pistes sont déjà testées dans plusieurs pays, avec des résultats encourageants. Mais elles demandent un engagement collectif et une réelle volonté de changement. Car les stéréotypes ne disparaîtront pas seuls.
Les stéréotypes n’ont pas disparu en 2025. Ils se sont transformés, digitalisés, parfois camouflés derrière des innovations technologiques. Mais leur impact reste profond. En explorant ces thématiques à travers des données précises, Les stéréotypes ont-ils la vie dure ? apporte une clarté essentielle sur ce sujet complexe et d’actualité.
C’est une lecture courte, mais puissante, qui permet de mieux comprendre les ressorts invisibles de nos jugements et de découvrir comment les déconstruire.
Découvrez Les stéréotypes ont-ils la vie dure ? dès maintenant sur FIVE MINUTES.




Français